Syndrome de la patte d’oie : douleur interne du genou
Une douleur située à l’intérieur du genou, juste en dessous de l’articulation, sur la partie haute et interne du tibia ? Une douleur parfois confondue avec une entorse du genou ou un problème de ménisque interne ?
Il s’agit très souvent d’un syndrome de la patte d’oie, une pathologie fréquente mais encore mal identifiée, aussi bien chez le sportif que dans la vie quotidienne.
Qu’est-ce que le syndrome de la patte d’oie ?
La patte d’oie correspond à la zone d’insertion commune de trois tendons sur la face interne du tibia :
- le Sartorius
- le Gracile
- le Semi-tendineux
Ces trois muscles ont un rôle essentiel :
- stabiliser le genou
- contrôler les mouvements de rotation
- participer à la flexion du genou
Lorsque cette zone est trop sollicitée, les tendons s’enflamment : on parle alors de tendinite de la patte d’oie.
Où se situe exactement la douleur ?
La douleur est généralement :
- localisée à l’intérieur du genou
- située juste en dessous de l’articulation
- sur la partie haute du tibia
Elle est souvent :
- bien localisable au doigt
- sensible à la pression
- majorée à la montée ou descente des escaliers
- présente à la marche prolongée ou à la course
👉 Cette localisation est un élément clé pour différencier la patte d’oie d’un problème méniscal.
Pourquoi cette douleur est souvent confondue ?
Le syndrome de la patte d’oie est fréquemment confondu avec :
- une entorse interne du genou
- un ménisque interne
- une arthrose débutante
Pourtant :
- la douleur est plus superficielle
- il n’y a généralement pas de blocage
- la douleur est très localisée
Un examen clinique précis permet de faire la différence.
Les causes principales du syndrome de la patte d’oie
La patte d’oie souffre rarement seule. Elle est presque toujours la conséquence d’un déséquilibre mécanique.
1. Genou qui rentre vers l’intérieur (valgus dynamique)
C’est la cause la plus fréquente.
Lors de la marche ou de la course :
- le genou s’effondre vers l’intérieur
- les tendons de la patte d’oie sont mis sous tension excessive
- l’inflammation s’installe
👉 Ce valgus dynamique est souvent lié à un problème de pied ou de hanche.
2. Pied plat et hyper-pronation
Un pied plat ou trop pronateur entraîne :
- une rotation interne excessive du tibia
- un mauvais alignement du genou
- une surcharge sur la face interne
👉 Le problème commence souvent au sol, pas au genou.
3. Excès de poids ou port de charges
Une surcharge pondérale ou le port répété de charges :
- augmente les contraintes sur le compartiment interne du genou
- sollicite davantage les tendons stabilisateurs
4. Sur-sollicitation
Certaines activités favorisent clairement le syndrome de la patte d’oie :
- course à pied
- montée et descente d’escaliers
- randonnées
- reprise sportive trop rapide
La répétition du mouvement entretient l’inflammation.
Pourquoi la douleur peut devenir chronique ?
La douleur persiste lorsque :
- la cause mécanique n’est pas corrigée
- le genou continue à rentrer vers l’intérieur
- le pied reste instable
- les tendons sont sollicités à chaque pas
👉 Tant que la contrainte persiste, l’inflammation revient.
Traitements et solutions efficaces
1. Glace et argile : soulager l’inflammation
La patte d’oie est une zone superficielle, ce qui rend les traitements locaux efficaces.
- Glace après l’effort pour limiter l’inflammation
- Argile verte appliquée le soir ou la nuit pour ses propriétés décongestionnantes
👉 Ces méthodes soulagent, mais ne traitent pas la cause.
2. Ostéopathie : libérer les tensions
L’ostéopathie a un rôle important dans le syndrome de la patte d’oie.
Elle permet de :
- détendre les ischio-jambiers
- relâcher les adducteurs
- améliorer la mobilité du genou
- corriger les déséquilibres du bassin
Dans certains cas, une mobilisation douce du genou permet de :
- lever des blocages articulaires
- diminuer les tensions qui entretiennent la tendinite
3. Kinésithérapie : stabiliser le genou
La kinésithérapie permet de :
- renforcer les muscles stabilisateurs
- corriger le valgus dynamique
- améliorer le contrôle du mouvement
- sécuriser la reprise d’activité
Le travail se fait souvent :
- sur la hanche
- sur le bassin
- sur le contrôle neuromusculaire
4. Semelles orthopédiques : le traitement de choix
Dans les cas de :
- pieds plats
- hyper-pronation
- genoux en X
👉 les semelles orthopédiques sont souvent le traitement le plus efficace.
En soutenant l’arche interne du pied, elles permettent de :
- redresser l’axe de la jambe
- limiter la rotation interne du tibia
- diminuer immédiatement la tension sur la patte d’oie
Dans la pratique, l’amélioration peut être :
- rapide
- durable
- parfois spectaculaire
Peut-on continuer à courir avec une patte d’oie ?
Tout dépend de l’intensité de la douleur.
Mais courir :
- avec une douleur marquée
- sans correction mécanique
expose à :
- la chronicité
- l’aggravation
- l’arrêt prolongé
👉 Une adaptation temporaire de l’activité est souvent nécessaire.
Quand faut-il faire des examens ?
Une imagerie peut être envisagée si :
- la douleur persiste malgré le traitement
- un doute existe avec une lésion méniscale
- un traumatisme est survenu
L’imagerie sert à éliminer une autre cause, pas à confirmer la patte d’oie.
Erreurs fréquentes à éviter
- Traiter uniquement localement
- Confondre avec un problème de ménisque
- Continuer l’activité malgré la douleur
- Négliger les pieds
- Oublier la hanche et le bassin
En résumé
- Le syndrome de la patte d’oie est une tendinite de la face interne du genou
- Il touche les muscles stabilisateurs en rotation
- Le genou est souvent la victime d’un déséquilibre plus bas
- Le pied plat et le valgus dynamique sont des causes majeures
- Glace et argile soulagent
- Les semelles orthopédiques sont souvent le traitement clé
- Une approche globale évite les récidives
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