Pieds plats : conséquences sur la posture et les douleurs
Le pied plat correspond à un affaissement partiel ou complet de la voûte plantaire.
Contrairement à une idée reçue, avoir les pieds plats n’est pas forcément un problème.
👉 Tant que le corps compense correctement, le pied plat peut être totalement indolore.
Le problème apparaît lorsque cette compensation devient insuffisante ou trop coûteuse pour le reste du corps.
Qu’est-ce qu’un pied plat ?
Un pied plat est un pied dont la voûte plantaire :
- s’affaisse au sol
- perd sa forme arquée
- devient plus large et plus long en charge
Il peut être :
- présent depuis l’enfance
- acquis avec le temps (fatigue, surcharge, sport, âge)
Pied plat réductible ou non réductible : une distinction fondamentale
C’est un point clé pour comprendre s’il faut traiter… et comment.
🔹 Pied plat réductible (le plus fréquent)
Le pied plat est dit réductible lorsque :
- la voûte réapparaît quand on se met sur la pointe des pieds
- la voûte est visible en position assise ou allongée
- l’affaissement apparaît surtout en charge
👉 Ici, le pied fonctionne encore, mais il manque de stabilité ou de tonicité.
C’est le cas le plus fréquent chez :
- l’adulte
- le sportif
- les personnes actives
🔹 Pied plat non réductible (plus rare)
Le pied plat est dit non réductible lorsque :
- la voûte ne réapparaît jamais
- même sur la pointe des pieds
- le pied est rigide
👉 Il s’agit souvent :
- d’un pied plat ancien
- parfois congénital
- avec des adaptations osseuses installées
Dans ce cas, on ne cherche pas à « recréer une voûte », mais à améliorer le confort et limiter les contraintes.
Pourquoi le pied plat peut devenir douloureux ?
Lorsque le pied s’affaisse, il perd plusieurs fonctions essentielles.
1. Perte de capacité d’amortissement
La voûte plantaire joue un rôle de ressort naturel.
Quand elle s’écrase :
- les chocs sont moins bien absorbés
- les vibrations remontent dans la jambe
- les articulations encaissent davantage
2. Instabilité du pied
Un pied plat est souvent :
- plus instable
- moins contrôlé
- plus fatigable
👉 Le pied cherche en permanence à se stabiliser, ce qui surcharge les muscles et les tendons.
3. Pronation excessive
L’affaissement entraîne généralement une pronation excessive, c’est-à-dire :
- le pied « rentre » vers l’intérieur
- la cheville s’effondre médialement
Cette pronation excessive provoque une cascade mécanique.
Les conséquences mécaniques en chaîne
🔹 Rotation interne de la jambe
La pronation entraîne :
- une rotation interne du tibia
- une modification de l’axe de la jambe
👉 Cette rotation est rarement visible à l’œil nu, mais très impactante.
🔹 Sollicitation excessive du genou
Le genou n’est pas fait pour travailler en torsion répétée.
Conséquences possibles :
- syndrome rotulien
- syndrome de la patte d’oie
- syndrome de l’essuie-glace (TFL)
- douleurs internes ou externes du genou
🔹 Bascule du bassin
Lorsque les appuis sont asymétriques :
- le bassin s’adapte
- il peut basculer ou se vriller
👉 Le bassin suit toujours les pieds.
🔹 Douleurs lombaires
La bascule du bassin entraîne :
- lombalgies chroniques
- douleurs d’un seul côté
- raideur lombaire
- parfois sciatiques mécaniques
👉 Le pied plat est souvent une cause silencieuse de douleurs à distance.
Les signes évocateurs d’un pied plat problématique
- fatigue rapide des pieds
- douleurs après station debout prolongée
- douleurs au talon ou à l’avant-pied
- douleurs de genou inexpliquées
- lombalgies récidivantes
- chaussures qui s’usent vers l’intérieur
Solutions efficaces pour les pieds plats
La prise en charge dépend du type de pied plat et des symptômes.
1. Analyse des appuis
C’est l’étape indispensable.
Elle permet de :
- observer le pied en charge et en dynamique
- analyser la pronation
- comprendre l’impact sur la posture globale
👉 On ne traite pas un pied plat « sur une photo », mais en situation réelle.
2. Renforcement ciblé
Surtout pour les pieds plats réductibles.
Objectifs :
- renforcer les muscles intrinsèques du pied
- améliorer le contrôle de la voûte
- augmenter la stabilité
👉 Le renforcement est utile, mais souvent insuffisant seul lorsque les contraintes sont importantes.
3. Semelles orthopédiques
Les semelles orthopédiques jouent un rôle central lorsque :
- le pied s’affaisse en charge
- la pronation est excessive
- des douleurs sont présentes
Elles permettent de :
- soutenir la voûte plantaire
- stabiliser le pied
- limiter la pronation
- réduire les contraintes sur le genou et le dos
👉 L’objectif n’est pas de rigidifier, mais de redonner une fonction au pied.
4. Correction posturale globale
Le pied plat ne se traite jamais seul.
Il faut souvent :
- vérifier le bassin
- analyser la posture globale
- libérer les compensations installées
👉 Traiter uniquement le pied sans regarder le reste expose aux récidives.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ignorer un pied plat douloureux
- Mettre une correction standard sans analyse
- Chercher à « forcer » une voûte sur un pied rigide
- Traiter uniquement le genou ou le dos
En résumé
- Le pied plat n’est pas toujours un problème
- Il existe des pieds plats réductibles et non réductibles
- Le pied plat réductible est le plus fréquent
- L’affaissement entraîne une pronation excessive
- La pronation provoque une cascade mécanique
- Genou, bassin et dos sont souvent impactés
- Les semelles permettent de stabiliser et soulager
- Une approche globale évite les douleurs à répétition
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