Inégalité de longueur des jambes : mythe ou réalité ?
« J’ai une jambe plus courte que l’autre. »
C’est une phrase extrêmement fréquente en consultation.
En réalité, presque tout le monde présente une petite asymétrie.
Mais toutes les inégalités de longueur des jambes ne se traitent pas, et surtout ne se traitent pas de la même façon.
La vraie question n’est pas :
Ai-je une jambe plus courte ?
mais plutôt :
Faut-il corriger, et comment ?
Tout le monde a-t-il une jambe plus courte ?
Oui… dans une certaine mesure.
De petites différences (2 à 4 millimètres) sont :
- très fréquentes
- physiologiques
- généralement bien compensées par le corps
👉 Ce n’est pas la différence en elle-même qui pose problème, mais la capacité du corps à la compenser.
Vraie ou fausse jambe courte ?
C’est le point le plus important à comprendre.
🔹 La « vraie » jambe courte (anatomique)
Elle est liée à une différence réelle de longueur osseuse :
- tibia plus court
- fémur plus court
- séquelle de fracture
- anomalie présente depuis l’enfance
👉 Dans ce cas, la différence est structurelle et persiste quelle que soit la position.
🔹 La « fausse » jambe courte (fonctionnelle)
C’est la plus fréquente.
Ici, les os ont la même longueur, mais :
- le bassin est vrillé
- une articulation est bloquée
- une chaîne musculaire est en tension
Résultat :
- une jambe paraît plus courte
- mais ce n’est qu’une illusion posturale
👉 C’est le bassin qui « triche », pas la jambe.
Pourquoi c’est dangereux de se tromper de diagnostic
C’est un point fondamental.
❌ Le danger
Si on compense une fausse jambe courte avec une talonnette :
- on fige le bassin dans sa mauvaise position
- on empêche le corps de se rééquilibrer
- on aggrave à long terme :
- les lombalgies
- les cervicalgies
- les douleurs de hanche
- les douleurs de genou
👉 C’est une erreur malheureusement fréquente.
Comment savoir s’il faut corriger ou non ?
Étape 1 : lever le doute sur le bassin
➡️ Ostéopathie
La première chose à faire est de :
- libérer le bassin
- redonner de la mobilité aux articulations
- détendre les chaînes musculaires
👉 Tant que le bassin n’est pas « dérouillé », toute mesure est faussée.
Étape 2 : tester la posture de manière dynamique
Dans ma pratique, je ne me contente pas de « mesurer ».
Je réalise des tests posturaux avec des cales, directement sous les pieds, afin d’observer :
- si la posture s’améliore
- si les tensions diminuent
- si le bassin se rééquilibre
- si le confort global augmente
👉 Ce sont ces tests fonctionnels qui guident la décision, pas une mesure brute.
Faut-il mettre une cale systématiquement ?
Non.
Et c’est un point très important.
Dans la majorité des cas :
- il vaut mieux éviter de mettre une cale
- surtout si la différence est faible
- et si les douleurs sont modérées
Pourquoi ?
Parce que le corps sait souvent se réadapter seul, une fois les blocages levés.
Quand une talonnette devient-elle nécessaire ?
Il existe cependant des situations où la correction est justifiée.
✔️ Une talonnette peut être indiquée si :
- la différence persiste après correction ostéopathique
- elle dépasse environ 5 millimètres
- elle est associée à des douleurs persistantes
- les tests posturaux montrent une amélioration nette avec la cale
Dans ce cas :
- la talonnette est intégrée dans une semelle
- la correction est souvent partielle, jamais excessive
- l’objectif est de rééquilibrer les tensions, pas de « forcer »
Pourquoi une correction progressive est essentielle
Corriger brutalement une inégalité, même réelle, peut :
- créer de nouvelles douleurs
- perturber les adaptations anciennes
- déplacer le problème ailleurs
👉 La correction doit toujours être :
- progressive
- testée
- adaptée au ressenti du patient
Les douleurs liées à une inégalité mal gérée
Une inégalité mal diagnostiquée ou mal compensée peut favoriser :
- lombalgies chroniques
- sciatiques
- douleurs de hanche
- douleurs de genou
- tensions cervicales
- fatigue musculaire asymétrique
Mais là encore : ce n’est pas la jambe courte qui fait mal, c’est la compensation.
En résumé
- Presque tout le monde a une petite asymétrie
- Il existe une vraie et une fausse jambe courte
- La fausse jambe courte est la plus fréquente
- Compenser une fausse jambe courte est une erreur
- Il faut d’abord libérer le bassin
- Les tests avec cales permettent de décider objectivement
- Une talonnette n’est indiquée que si la différence persiste
- En général au-delà de 5 mm avec douleurs associées
- La correction doit être progressive et personnalisée
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