Douleur au talon : quelles sont les causes possibles ?
Le talon est une zone clé de l’appui. À chaque pas, il supporte l’intégralité du poids du corps, parfois multiplié par deux ou trois lors de la marche rapide ou de la course.
Lorsqu’une douleur au talon apparaît, elle peut rapidement devenir très handicapante : marcher, rester debout ou pratiquer une activité sportive devient difficile, voire impossible.
Contrairement à une idée reçue, toutes les douleurs du talon ne se ressemblent pas et n’ont pas la même origine. Identifier précisément la cause est indispensable pour proposer un traitement efficace.
Pourquoi le talon est-il si souvent douloureux ?
Le talon est une zone :
- très sollicitée
- peu tolérante aux erreurs mécaniques
- exposée aux chocs répétés
Il constitue le premier point de contact avec le sol lors de la marche et de la course. La moindre anomalie d’appui, de chaussage ou de posture peut donc se traduire par une douleur.
Les principales causes de douleur au talon
1. Fasciite plantaire (la cause la plus fréquente)
La fasciite plantaire est de loin la cause la plus courante de douleur au talon. Elle correspond à une inflammation de l’aponévrose plantaire, située sous le pied, au niveau de son insertion sur le talon.
Signes évocateurs :
- douleur vive sous le talon
- douleur maximale au réveil, lors des premiers pas
- amélioration transitoire en marchant
- réapparition de la douleur après l’effort ou en fin de journée
👉 C’est la première cause à évoquer devant une douleur talonnière.
2. Épine calcanéenne
L’épine calcanéenne est souvent associée à la fasciite plantaire, mais elle n’est pas toujours responsable de la douleur. Il s’agit d’une calcification au niveau de l’insertion de l’aponévrose plantaire sur le talon, conséquence d’une traction excessive et prolongée.
À retenir :
- l’épine ne pointe pas vers le sol
- elle n’est pas systématiquement douloureuse
- la douleur vient le plus souvent de l’inflammation des tissus autour
3. Fracture de fatigue du calcanéum
Plus rare, mais à ne pas manquer, la fracture de fatigue du talon concerne surtout les sportifs intensifs, les reprises d’activité brutales ou les charges d’entraînement élevées.
Signes évocateurs :
- douleur progressive, de plus en plus présente
- douleur mécanique qui augmente à l’effort
- douleur parfois permanente
- sensibilité marquée à la pression du talon
👉 Cette pathologie nécessite un diagnostic médical et une imagerie adaptée.
4. Panniculite plantaire (atteinte du coussinet graisseux)
Le talon est protégé par un coussinet graisseux naturel, qui absorbe les chocs. Avec l’âge, les traumatismes répétés ou certaines morphologies, ce coussinet peut s’atrophier, se déplacer ou perdre son rôle amortissant. On parle alors de panniculite plantaire.
Signes évocateurs :
- douleur diffuse sous le talon
- douleur majorée sur sol dur
- sensation de marcher “directement sur l’os”
- douleur augmentée en station debout prolongée
5. Autres causes possibles
Selon le contexte, d’autres diagnostics peuvent être évoqués :
- atteinte nerveuse (canal tarsien)
- bursite postérieure
- troubles posturaux avec surcharge du talon
- chaussures inadaptées ou usées
Pourquoi il ne faut pas se contenter d’un auto-diagnostic
Beaucoup de patients pensent savoir ce qu’ils ont en cherchant sur Internet. Pourtant, plusieurs pathologies du talon peuvent se ressembler, alors que leur prise en charge est très différente.
👉 Traiter une fracture de fatigue comme une fasciite plantaire, ou inversement, peut aggraver la situation.
Que faire en cas de douleur au talon ?
1. Un examen clinique est indispensable
Un examen clinique précis permet de localiser exactement la douleur, analyser les appuis, évaluer la posture et orienter vers le bon diagnostic. C’est une étape incontournable.
2. L’imagerie si nécessaire
Selon le contexte, le praticien peut demander :
- une radiographie, pour rechercher une épine calcanéenne ou une fracture
- une échographie, pour analyser les tissus mous
- plus rarement une IRM
👉 L’imagerie permet de confirmer ou d’éliminer certaines pathologies.
3. Adapter le traitement à la cause réelle
Il n’existe pas une seule solution universelle à la douleur au talon. Le traitement dépend de la pathologie identifiée, de l’ancienneté de la douleur, du niveau d’activité et de la morphologie du pied.
Dans de nombreux cas, une prise en charge efficace repose sur :
- la kinésithérapie
- la correction des appuis
- des semelles orthopédiques adaptées
- l’adaptation temporaire de l’activité
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